ON EN PARLE

Matéi Visniec est le maître de l'écriture laconique du petit format concentré. Il y a chez ce roumain une parenté avec Kafka, Mrozek, Borgès, et ce qui m'attire chez cet ancien otage d'une censure d'Etat refusant une vingtaine de ses textes, c'est qu'il y ait répondu en usant d'une autre langue, la nôtre. A Ionesco, Cioran, s'ajoute désormais Matéi Visniec.
Gabriel Garan

Il déteste l'inachevé et cultive le texte accompli, soigné, poli comme une pierre aux aspérités effacées afin que l'énigme surgisse et que le trouble s'installe.
George Banu

Sous son apparente comédie le théâtre de Visniec traite de l'identité. Visniec vécut dans un monde où l'oppression et la délation mènent à la négation de l'individu. Dans notre univers de communication et de libéralisme cette problématique de l'identité se pose tout autant, et c'est dans cette errance moderne que son théâtre nous parle.
Pascal Papini

Quand on lit Matéi Visniec, on entre dans un autre monde. On oublie la loi, les lois, la loi de la pesanteur et rien ne s'oppose plus à ce revienne par le ciel ce qui vient de tomber dans l'abîme. Partout il est question de la terre, c'est un auteur dramatique qui travaille l'argile. Son art est de modeler le monde qui nous revient méconnaissable et pourtant plus vrai que nature. Ainsi, les personnages sont nos frères et nos frères deviennent des personnages.
Benoît Vitse

Car c’est bien là l’un des mérites importants de l’art de Matéi Visniec : son écriture traduit à coup sûr une parfaite maîtrise du théâtre, qui plus est du théâtre moderne, utilisant les acquis du passé pour mieux en démonter les procédés, faisant intervenir des personnages en quête d’eux-mêmes, ne se berçant pas d’illusions et ne se privant pas de faire « réfléchir » le langage scénique sur lui-même, et ainsi de faire réfléchir le spectateur sur ce qu’il voit et entend. Mais surtout, c’est de la littérature, celle qui met l’homme devant lui-même, devant ses mensonges et ses vérités : de la littérature de tous les temps.
Jean Pierre Longre

ACTUALITES

Nina, ou de la fragilité des mouettes empaillées

Nina, ou de la fragilité des mouettes empaillées

Théâtre du Crève-Coeur & Opus Luna Compagnie

Théâtre du Crève-Coeur, Cologny, Genève

du 25 janvier au 19 février 2012,
du mercredi au samedi à 20h30 et dimanche à 17h15

Mise en scène : Camille Giacobino

Matéi Visniec invite les trois célèbres personnages de Tchekhov quinze ans après La Mouette. Il les plonge dans le tumulte de l’Histoire en pleine Révolution d’Octobre. Rivalités, passions éteintes, illusions brisées, l’auteur libère les trois personnages, dans un saisissant règlement de comptes. Il nous mène dans une forêt remplie de sortilèges et d’animaux énigmatiques où le temps suspend les vies et les façonne dans un monde de cristal. C’est un peu Tchékhov, c’est aussi notre monde actuel à l’affût de changement et d’évasion, mais surtout… tout cela est une comédie.


La Femme comme Champ de Bataille

La Femme comme Champ de Bataille

Au théâtre de Bourg en Bresse

11 place de la Grenette, Bourg-en-Bresse 01000, tél : 04 74 50 40 00

Mercredi 11 janvier 2012 à 21h

mise en scène Katia Charalambous


Richard III n’aura pas lieu

Richard III n’aura pas lieu

Le Grand Requin / Le Chic Electric

Théâtre 13, 103 A bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris

du 3 janvier 2012 au 12 février 2012, à 19h30
le dimanche à 15h30

mise en scène David Sztulman

Le théâtre de Visniec, qui apporte un témoignage éminemment sensible de la comédie humaine dans ce qu’elle a de plus tourmentée et de plus sublime, réunit les deux plus importants sujets dans l’histoire du théâtre, l’amour et la lutte pour la liberté. 
C’est la dernière nuit du grand metteur en scène Meyerhold dans les geôles staliniennes. Rêve-t-il éveillé ou bien son cauchemar est-il en prise réelle avec l’atroce déception des idéaux trahis? Richard III n’aura pas lieu parle de l’amertume et du désespoir de l’artiste empêché de s’exprimer dans les régimes totalitaires. Mais Matéi Visniec choisit l’humour, le grotesque et le « spectaculairement délirant » pour dénoncer cette solitude fracassée sur l’autel de la barbarie. Car on rit. On rit même beaucoup. On chante, on danse, on baffre, on accouche ; finalement on fait du théâtre jusqu’à la fin… jusqu’à cette terrible fin.

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critiques


Le mot progrès dans la bouche de ma mère <br />sonnait terriblement faux

Le mot progrès dans la bouche de ma mère
sonnait terriblement faux

TRAP DOOR THEATRE - CHICAGO

décembre 2011 - janvier 2012

mise en scène Istvàn Szabo

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