ON EN PARLE

Matéi Visniec est le maître de l'écriture laconique du petit format concentré. Il y a chez ce roumain une parenté avec Kafka, Mrozek, Borgès, et ce qui m'attire chez cet ancien otage d'une censure d'Etat refusant une vingtaine de ses textes, c'est qu'il y ait répondu en usant d'une autre langue, la nôtre. A Ionesco, Cioran, s'ajoute désormais Matéi Visniec.
Gabriel Garan

Il déteste l'inachevé et cultive le texte accompli, soigné, poli comme une pierre aux aspérités effacées afin que l'énigme surgisse et que le trouble s'installe.
George Banu

Sous son apparente comédie le théâtre de Visniec traite de l'identité. Visniec vécut dans un monde où l'oppression et la délation mènent à la négation de l'individu. Dans notre univers de communication et de libéralisme cette problématique de l'identité se pose tout autant, et c'est dans cette errance moderne que son théâtre nous parle.
Pascal Papini

Quand on lit Matéi Visniec, on entre dans un autre monde. On oublie la loi, les lois, la loi de la pesanteur et rien ne s'oppose plus à ce revienne par le ciel ce qui vient de tomber dans l'abîme. Partout il est question de la terre, c'est un auteur dramatique qui travaille l'argile. Son art est de modeler le monde qui nous revient méconnaissable et pourtant plus vrai que nature. Ainsi, les personnages sont nos frères et nos frères deviennent des personnages.
Benoît Vitse

Car c’est bien là l’un des mérites importants de l’art de Matéi Visniec : son écriture traduit à coup sûr une parfaite maîtrise du théâtre, qui plus est du théâtre moderne, utilisant les acquis du passé pour mieux en démonter les procédés, faisant intervenir des personnages en quête d’eux-mêmes, ne se berçant pas d’illusions et ne se privant pas de faire « réfléchir » le langage scénique sur lui-même, et ainsi de faire réfléchir le spectateur sur ce qu’il voit et entend. Mais surtout, c’est de la littérature, celle qui met l’homme devant lui-même, devant ses mensonges et ses vérités : de la littérature de tous les temps.
Jean Pierre Longre

 

ACTUALITES

Le Prix Jean Monnet de Littérature Européenne 2016 remis à Matei Vișniec

Le Prix Jean Monnet de Littérature Européenne 2016 remis à Matei Vișniec

Pour le roman "Le marchand de premières phrases" - Editions Jacqueline Chambon

Traduit par Laure Hinckel

La remise du prix aura lieu samedi 19 novembre, à 18 h 30, à l'auditorium de la Salamandre

Dans le cadre du Festival de littératures éuropéennes de Cognac

Le roman débute ainsi : « La première phrase d'un roman est le cri irréfléchi qui provoque l'avalanche… C'est l'étincelle qui déclenche la réaction en chaîne… Une première phrase n'est jamais innocente. Elle contient le germe de toute l'histoire, de toute l'intrigue. La première phrase est comme l'embryon de tous les possibles, comme un spermatozoïde chanceux, si vous voulez bien me permettre cette comparaison… Ha ha !… »



Migraaaants, ou On est trop nombreux sur ce putain de bateau…

Migraaaants, ou On est trop nombreux sur ce putain de bateau…

Editions l’Œil du prince 2016

Théâtre du Chêne Noir, Avignon

Du 17 au 27 novembre 2016

Mise en scène : Gérard Gelas

Ils viennent du Pakistan, d’Afghanistan, de Somalie, d’Erythrée, de Syrie, d’Irak, de Lybie, du Mali, d’Algérie, du Maroc, d’Haïti et de beaucoup d’autres endroits où la vie n’est plus compatible avec l’idée d’avenir. Ils sont des millions. Combien de millions ? On ne sait pas. On les appelle « migrants » et ils ont une seule chose en tête : la volonté d’arriver en Europe.


How to Explain the History of Communism to Mental Patients

How to Explain the History of Communism to Mental Patients

Trap Door Theatre

1655 W Cortland St Chicago, IL 60622

du 16 mars au 23 avril à 20h 2016

Mise en scène : Zoltán Balázs


Paysages de nos larmes

Paysages de nos larmes

Collectif Kahraba (Beyrouth) et ExtraMuros (Paris)

TJP Strasbourg, GRANDE SCÈNE, 7 rue des Balayeurs Strasbourg

vendredi 11 mars 2016 à 14h30 et 20h30 / samedi 12 mars à 20h30

Mise en scène et scénographie : Éric Deniaud

Ombres et marionnettes portées... «Paysages de nos larmes» c’est la géographie intérieure de Job, les reliefs accidentés de son âme. Dans cette création, Matéi Visniec dessine un homme brisé qui interpelle ses propres pensées, ses mots et affirme que l’homme est un miracle sur terre. « Il n’y a de poésie que dans l’intranquillité ». C’est bien ce risque poétique que prend cette création, proposant un spectacle qui s’enracine dans une réalité complexe, le Liban où le Collectif Kahraba œuvre depuis 2006. Roger Assaf, figure du théâtre arabe prête sa voix à Job et le violoniste Dominique Pifarély crée la musique de ce poème visuel où corps en mouvement, corps masqués, images projetés, ombre, manipulation d’objets et marionnettes s’articulent tel un chant à plusieurs voix.



MENTIONS LEGALES

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